Sound of Jazz

On en parle, on en débat, on l'écoute : le jazz des années 2000. Le blog de Vincent Bessières, journaliste à Jazzman.

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24 juillet 2006

Discoboles

78kingjLa table-ronde organisée par le festival Sim-Copans/Souillac en jazz (Lot) s'est avérée une rencontre très stimulante comme il devrait y en avoir plus souvent. Anne Legrand me faisait remarquer que c'est à cela, entre autres mille choses, qu'une maison du jazz aurait pu/devrait servir : se réunir, échanger, analyser, tenter de décrypter des situations qui deviennent de plus en plus complexes pour mieux valoriser le dynamisme du secteur du jazz, éternellement marginalisé, et éclairer le public des amateurs de jazz sur les mutations (pour la plupart invisibles à leur niveau) qui affectent la circulation de la musique. D'autres festivals pourraient s'en inspirer. Réunis autour devant la même table, devant un public modeste mais curieux et très attentif, les différentes intervenants avaient en commun la passion réunie du jazz et du disque et l'envie, sincère, profonde, alimentée par une conviction solide, que leur tâche avant d'être une entreprise est d'abord une mission. Leur discours n'avait rien à envier, de ce point de vue, à celui des éditeurs qui se battent pour publier de nouveaux écrivains. Proche de l'artisanat, leur travail n'est, au fond, pas si différent quand il s'agit de jazz : les profits sont modestes, aléatoires, incertains. Qu'ils gérent un label de réédition (comme François Lexuan), un label affilié à un lieu de création (Jean-Michel Leygonie), un label d'artiste (comme Samuel du label Archiball) ou encore un réseau de boutiques qui ont su redonner sa noblesse au travail de disquaire (Laurent Schmidt), tous avaient à coeur de défendre une démarche qui met l'artistique avant l'économique sans pour autant passer pour de doux utopistes. Les enjeux de distribution, notamment, (sur support ou dématérialisée) ont évidemment logiquement occupé une bonne part du débat, le rôle du distributeur (crucial) n'étant pas forcément bien identifié par le public qui a rarement conscience des difficultés que le "simple" fait de mettre un disque en magasin peut représenter. La question de l'avenir du disque-objet s'est également posée. Elle touche à une corde sensible chez l'amateur de jazz mais je ne suis pas sûr pour autant que celui-ci ne finisse pas par disparaître purement et simplement. Ce serait au moins la preuve que la musique, dans ce grand chambardement technologique, garderait bien le dernier mot. A condition qu'on y accède encore.

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14 juillet 2006

78 tours du côté des labels

A l'invitation du festival Sim-Copans à Souillac dans le Lot, j'interviendrai dans une table ronde consacrée aux labels de jazz, le samedi 22 juillet :

Souillac

Table ronde, cycle Sim Copans :

Samedi 22 Juillet - 15h30
Jardins de l’abbaye

Une table ronde, sur le thème "78 tours du côté des labels", animée par Anne Legrand, historienne du jazz, sera l’occasion de débattre sur la diffusion des musiques de jazz à travers les labels avec :

  • Vincent Bessières, secrétaire de rédaction de Jazzman
  • Jean-Michel Leygonie, directeur fondateur du label Laborie Jazz
  • François Lexuan, directeur de la collection Saga Jazz
  • Laurent Schmidt de Harmonia Mundi

Point de départ :

  • 1944, les troupes américaines arrivent à Paris : Sim Copans diffuse de sa voiture du jazz sur les routes de Normandie.
  • Mai 1945, début de la coopération entre « La voix de l’Amérique » et la Radio Diffusion Française à Paris : « Dès le début, La Voix avait à sa disposition à Paris une voiture d’enregistrement (…) et c’était important des disques de bonne qualité (la mauvaise qualité des disques français 78 tours). (…) au mois de mai ou de juin 1945, La Voix de l’Amérique a complètement équipé un studio d’enregistrement 11bis rue Christophe Colomb capable d’enregistrer des 78 tours, ou chose sensationnelle, 33 1/2 tours sur grand disque » écrivait alors Sim Copans.
  • Homme de radio, Sim Copans a souvent été sollicité par des « maisons de disques » pour réaliser des textes d’accompagnement des pochettes.
  • Aujourd’hui, les « maisons de disques » sont devenues « labels » et on parle de l’industrie du disque.

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12 juillet 2006

Festivals : panne sèche ?

MontreuxHaringOn n'y croit plus. Où aller cet été en festival ? Dans quelle ville, dans quel patelin, quand on aime le jazz, a-t-on envie d'aller passer une semaine à écouter, jour et nuit, de la musique ? Franchement, on ne voit pas. Un concert ici, un autre là-bas, mais toute une semaine, non, on ne s'y voit pas car on ne reconnaît pas la vitalité du jazz dans les affiches hétéroclites de l'été. Un constat s'impose : le jazz tel qu'il se vit à Fat Cat, à Barbès (Brooklyn), à La Fontaine (Paris 10e), au Sunside, à la Jazz Gallery (NYC)... Ce jazz de création - oui ! - n'a droit de cité nulle part en France. 250 festivals et des affiches qui se ressemblent toutes. Pas de place pour les jeunes musiciens ("jeune", c'est relatif : à 35 ans, certains créateurs du jazz étaient morts et enterrés ; heureusement que leur espérance de vie s'allonge). Petit tour d'horizon : ni Laurent Coq, ni David El-Malek, ni Christophe Dal Sasso, ni Sophie Alour, ni Thomas Savy, ni tant d'autres musiciens connus et reconnus n'ont de concerts cet été. Frilosité des programmateurs pour les musiciens français ou, plus sûrement, ignorance de leur part ? Car qui programme les musiciens new-yorkais qui comptent aujourd'hui ? Où jouent des Jason Moran, Ben Allison, Marcus Strickland, Miguel Zenon, Bill Stewart, Jeremy Pelt, Jason Lindner, Seamus Blake, Maria Schneider, Tony Malaby, Ari Hoenig, Kurt Rosenwinkel, Ralph Alessi et tant d'autres (et encore on ne cite pas les plus obscurs) ? Nulle part dans l'Hexagone à de (très) rares exceptions près. Quel festival d'été se présente aujourd'hui dans notre beau pays comme un lieu de rencontres, d'échange, de création, de patrimoine, en matière de jazz ? Où les artistes en devenir croisent-ils les derniers géants ? On m'objectera qu'il existe des Banlieues bleues ou des Sons d'hiver. Il est vrai (et c'est tant mieux) mais non seulement ces festivals n'ont pas lieu pendant l'été mais encore ils s'inscrivent dans une esthétique très orientée post-free/musique improvisée qui n'est que l'un des courants du jazz actuel, avec une dimension esthético-politique très affirmée (ils ont le mérite de l'engagement).

Ailleurs, entre les affiches mirifiques alignant les stars payées à prix d'or (le Châtelet) et les grandes programmations fourre-tout (populistes sur els bords) gangrénées par la salsa, la funk, le blues, la musique brésilienne et les pseudo mélanges électro-jazz (Vienne, Fort Médoc, Parc floral...), on n'est guère motivé à prendre un ticket pour les festivals. Pitoyable paysage où la musique est réduite à un attrape-touriste maximisé, sans autre ambition que de nourrir les tiroirs-caisse des marchands de bière locaux et de remplir les chambres d'hôte. Il était un temps où les patrons de festivals avaient d'autres ambitions que de drainer le plus de monde possible : il voulait aussi partager des coups de coeur, faire connaître des artistes dans lesquels ils croyaient, réaliser des rêves de gosse... défendre une certaine idée de la musique et du jazz en particulier. On n'en voit plus beaucoup, la course au gigantisme et aux garanties sur investissement semblant avoir tué l'imagination. Bizarrement, les supporteurs des musiques improvisées ont toujours semblés plus déterminés à défendre des programmations intègres, quitte à s'arroger le mot de jazz et le monopole de la créativité. Les économies ne sont pas les mêmes, sans doute, mais peut-être aussi ont-ils la musique plus chevillée au corps dans un réseau où l'underground apparaît comme un gage de qualité. Dommage qu'il n'y ait personne qui sache défendre, avec la même opiniâtreté, une programmation de jazz attractive et imaginative.

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10 juillet 2006

MySpace : bienvenue chez eux

myspace1Les musiciens de jazz sont souvent bien loin d'être des férus de nouvelle technologie mais il est un nouveau type de site qui est en train de proliférer à la vitesse grand V sur la Toile : MySpace. On appelle ça un "réseau social". Basé sur une idée simple, MySpace propose de créer une sorte de page perso en deux clics, beaucoup plus simplement qu'un site web, et de la mettre en relation avec toutes celles et ceux de vos amis qui ont fait la même chose. Il se crée ainsi une sorte de "zone communautaire" qui permet à chacun de faire un petit coucou à ses amis et de prendre de leurs nouvelles (voir un article de Libé sur le sujet). Surtout adopté par les ados qui l'utilisent comme les SMS et MSN pour rester en contact permanent avec leur réseau de potes, MySpace a aussi été adopté par les musiciens car il leur propose un player intégré simple d'utilisation qui leur permet de faire écouter quelques-uns de leurs titres. Si l'on n'a strictement rien à faire d'un enième garage band boutonneux du fin fond de l'Oregon, on est plus étonné de voir que de très sérieux "clients" ont créé leur propre page, y compris dans le jazz, assumant une proximité avec le public assez sidérante. L'avantage : on voit qui est pote avec qui et on rebondit de page en page. Et - surtout - l'on peut écouter pas mal de choses (extraits de concert, titres d'albums du commerce ou auto-produits) qu'on entendra difficilement ailleurs. On vous en livre quelques-uns :
> Jaleel Shaw
> Marcus Strickland
> Alex Sipiagin
> Vijay Iyer
> David Binney
> Jeff Tain Watts
> Mike Moreno
> Chris Dave
> Greg Osby
... et ça n'est qu'une toute petite fraction de l'iceberg !

Et parmi les musiciens français qui commencent lentement à découvrir le principe et à l'adopter :
> Anne Paceo, la dynamique animatrice des jams de La Fontaine
> Yvinek (évidemment...) qui propose déjà des extraits de son prochain album prévu pour octobre
> Nelson Veras, l'étonnant guitariste révélé par Aldo Romano

à vous de continuer la liste... on en connaît qui y passent leurs journées.

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08 juillet 2006

Miles' Story

Miles_Davis_Eyes_1986L'intégralité de la biographie de Miles Davis en V.O. est accessible en ligne. Si vous ne l'avez jamais lue ou si vous avez besoin d'y faire des recherches, elle est reproduite entièrement en ligne sur ce site. Immanquable.

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06 juillet 2006

Butch & Butch

butchwarrenJe ne sais pas si, comme moi, vous êtes un jour tombé en admiration sur les lignes de basse de Butch Warren et si, une fois l'éblouissement passé, vous vous êtes demandé ce qu'un musicien aussi doué pouvait bien être devenu après avoir été autant demandé. Bien qu'ayant vécu seulement six ans à NYC (entre 1958 et 1964), il figure sur plusieurs albums essentiels de Blue Note, dont certains sont, à mes oreilles, des chefs-d'oeuvre : "Leapin' and Lopin'" de Sonny Clark, "Go!" de Dexter Gordon, "Takin' Off" de Herbie Hancock (le bassiste de Watermelon Man, c'est lui !)... Butch Warren n'y est pas pour rien. Ce n'est pas souvent qu'un contrebassiste s'impose aussi naturellement, en faisant seulement son boulot. Pendant quelque temps, Butch Warren a aussi été le contrebassiste de Monk. Pas mal, non ? J'avais retrouvé dans un vieux Jazz Hot (ou Jazz Mag ? je ne sais plus...) des années 1960, une interview absolument passionnante qu'il avait donnée à un journaliste français pendant une tournée avec Monk. Peut-être la seule de sa carrière. Originaire de Washington, Warren était retourné vivre dans sa ville lorsque les premiers signes sérieux de déséquilibre mental (agravés par sa toxicomanie) étaient apparus. On n'avait guère d'information à son sujet depuis.

Mon ami Bertrand Uberall, qui vit à Washington, l'avait croisé irrégulièrement dans des petits lieux consacrés au jazz, continuant à jouer de manière plus ou moins assurée, mais franchement déglingué par la vie. Il m'a transmis un article publié récemment dans le Washington Post au sujet de Butch Warren, pour lequel il a été interrogé (il y est aussi fait allusion à l'article évoqué ci-dessus dont je lui avais donné copie). Les nouvelles ne sont pas brillantes : après avoir connu la rue, le malheureux a été interné dans un asile psychiatrique pour indigents. Il n'a plus rien, évidemment pas de contrebasse, ne soigne plus sa schizophrénie. Son histoire m'a fait penser à celle de Henry Grimes, revenu d'entre les morts, miraculé de l'anonymat et de l'oubli. On aimerait que Butch Warren ait la même chance.

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05 juillet 2006

Dites, Mr. Shorter, vous ne voulez pas aller chez ECM ?

wayne1Hier soir, Paris, théâtre du Châtelet. Alors que benêts blancs et benêts bleus s'excitent autour d'un ballon dans les quatre cafés qui marquent les coins de le place, quatre musiciens qui forment probablement le meilleur groupe de jazz du monde, sont sur une scène dont le fond tendu glisse imperturbablement en variations de bleu. "Kind of blue", dirait l'autre. Et l'on y pense, à Miles, en écoutant ce groupe qui invente et déjoue, se surprend et s'illumine, bouscule la musique et la fait jaillir dans l'instant avec une liberté folle. Concert merveilleux, dirigé par Danilo Perez, porté par John Patitucci, explosé par Brian Blade. Et Wayne Shorter, jeune homme aux manières énigmatiques (petits gestes incompréhensibles, sourire crypté... Mr. Wizard) qui, entre ténor et soprano, n'en finit pas de rappeler ce qu'il fut et ce qu'il est, d'intervenir toujours dans le mystère, de donner des couleurs fauves (hautbois, clarinette, violoncelle) à sa sonorité qui fait sonner le quartet comme une formation de chambre... Assis à deux sièges de moi, fasciné de bout en bout, Ran Blake (qui joue au festival du Châtelet après-demain) n'a pas pu retenir un "Stravinski !" en l'entendant. Soudain l'on s'est dit, en songeant combien chaque concert était un moment unique à l'écoute d'un Footprints joué en rappel, que la vraie place de Shorter aujourd'hui n'était sûrement pas chez Verve et qu'on le verrait bien chez ECM. Comme Keith Jarrett ou Charles Lloyd. Qui ont le loisir de publier coffrets, concerts et doubles albums au rythme qui leur sied, quitte à ce que ce soit à six mois d'intervalle. Voyez Jarrett : "Radiance" n'a pas un an qu'on annonce déjà un "Carnegie Hall Concert" pour le 25 septembre et qu'un DVD vient d'arriver sur le marché. On aimerait que Wayne Shorter ait la même liberté d'immortaliser son oeuvre à la mesure de son génie.

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Take the A Train

harlem1 Good news ! ça vient de tomber sur le site de Ropeadope. Après Philadelphie et Detroit, c'est un "Harlem Experiment" qui va être initié par le label new-yorkais le plus hype. Imaginez un peu ce que représente Harlem dans l'imaginaire de la musique que nous aimons : le Cotton Club (Duke), Minton's Playhouse (le Bop), l'Apollo (JAmes), Sugar Hill (le Gang), Lenox Lounge, et tout Spanish Harlem ! Harlem, le coeur noir de la Grosse Pomme, uptown ! De quoi rêver à des combinaisons aussi audacieuses qu'inespérées. On rappelle le principe de la série "Experiment" : réunir en studio des musiciens natifs de la même ville et voir de quelle manière ils peuvent rendre compte du "son" d'une ville (comme Baudelaire parlait de la "forme d'une ville"). Pour l'heure, aucun nom de participant n'est donné, mais potentiellement, voilà un disque qui pourrait faire parler de lui.

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04 juillet 2006

Beyond dans Jazzman

beyondA lire dans le numéro de Jazzman qui vient de sortir l'interview croisée des trois membres du Trio Beyond, Jack DeJohnette / Larry Goldings / John Scofield, que j'ai rencontrés à l'occasion de leur passage au festival de Coutances en mai dernier. Bizarrement, ce trio exceptionnel qui rend hommage à Tony Williams ne donne qu'un seul concert en France, le 7 juillet à Vienne. Un seul concert ? Il y a vraiment quelque chose qui m'échappe dans la logique des programmateurs de festival...

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Studio 5 aime le JAZZ !

logo_france5Pour sa quatrième saison, Studio 5, émission de France 5 jusqu'ici dédiée surtout à la nouvelle scène de la chanson française a décidé de s'ouvrir au jazz ! En voilà une nouvelle qu'elle est bonne ! Du jazz à la télé, en réseau hertzien, en plein milieu de l'après-midi ! Quatre artistes ont été invités (par votre serviteur) à enregistrer deux morceaux chacun dans des conditions de live : Stéphane Belmondo pour deux titres de son projet "Wonderland", Elisabeth Kontomanou (en duo avec Jean-Michel Pilc... magnifique, dont un titre inédit en français !), l'accordéoniste Daniel Mille en quartet et Julien Lourau avec son explosif "Fire & Forget" (avec featuring exceptionnel de Fred Pallem). Les diffusions viennent de commencer. Elles s'étaleront jusqu'à la fin de l'année. Voici les prochaines :

> Stéphane Belmondo - The Secret Life of Plants : le 30 juin à 16h35

> Elisabeth Kontomanou - Sur un air de Navajo : le 11 juillet à 16h35

> Daniel Mille - Après la pluie : le 28 juillet à 16h35

Stay tuned ! (et pour une fois : regardez la télé !)

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